Les codes secrets de base

Par Julie Moncorger

Il existe de nombreux moyens de coder des messages, qui, étant enfant, n'a jamais écrit de petits mots en décalant toutes les lettres d'un certain rang en avant ou en arrière de l'ordre alphabétique. Aussi simple soit-ils, ils n'en font pas moins parties des codes secrets (il a même un nom, code de César, pour un décalage de trois lettres en avant). De même que les messagers de la Grèce antique, dont le crâne était rasé pour que les généraux puissent y inscrire leur message, et devaient attendre que leurs cheveux repoussent pour pouvoir partir et remettre les precieuses informations aux postes avancés. Vous pouvez améliorer vos petits codes secrets, cette page est là pour ça, alors suivez bien mes conseils et preparez vous à découvrir des codes secrets que vous ne soupçonniez pas ...

La première catégorie de codes secrets est la stéganographie, c'est un mode de communication secrète obtenu en dissimulant l'existence du message. Dans l'antiquité, un grec du nom de Demaratus voulant protéger son pays de l'invasion perse, envoya des tablettes de cire à l'apparence vierge à son peuple, mais il en avait graté la cire, inscrit un message sur le bois, puis en avait remis la cire. Les tablettes passèrent aisément les postes de garde et le message secret put être lu par son destinataire. Un autre forme de stéganographie est l'utilisation d'encre invisible, cette encre qui aussitôt utilisé sur du papier disparaît et ne peut être révélée que si l'on place le papier au contact d'une source chaude. De la même manière, il existe une encre spéciale qui, appliquée sur un oeuf dur, passe à travers la coquille et imprègne le blanc d'oeuf, ainsi, on peut écrire un message sur le blanc sans casser la coquille, qui, elle, est restée vierge d'écriture. En Chine, les messagers n'avaient rien sur eux, ni papier blancs, ni tablettes de cire vierges, ni oeufs... Ils utilisaient de la fine soie pour écrire leur message puis elle était roulée en une toute petite boule qui était recouverte d'une fine couche de cire, il ne restait plus au messager que de l'avaler.
Mais toutes ces méthodes étaient peu sécurisées, si l'ennemi trouvait le message, le contenu de la communication secrète était immédiatement révélé. C'est pourquoi, en parallèle à la stéganographie, la cryptographie s'est pleinement développée.

La cryptographie se décompose en deux grandes parties : les codes par transposition et les codes par substitution. Les codes par transposition consiste au réagencement des lettres dans la phrase. L'exemple le plus célèbre est le message en dents de scie dont le principe est d'écrire son message sur deux (à trois) lignes, en notant la première lettre sur la première ligne, la deuxième lettre sur la deuxième ligne, puis la troisième lettre sur la première ligne, etc. Ensuite, il ne reste plus qu'à écrire le message en mettant à la suite la première et la deuxième ligne. Les codes secrets par substitution consiste à changer les lettres par d'autres, cette méthode est beaucoup plus sûr et peut former des algorithmes difficilement déchiffrables. Prenons un exemple que l'on va tenter d'améliorer... La méthode dite de substitution simple consiste à remplacer chacune des lettres par une autre et ceci de façon totalement aléatoire. Pour améliorer ce code, il faut penser à remplacer l'espace par une lettre et inversement. Ce code est très loin d'être invulnérable, n'importe quel casseur de code n'en fera qu'une bouchée, mais c'est un début qui peut être très utile pour s'échanger des messages sans que personne ne puisse (en cas d'interception du message) déchiffrer rapidemment le contenu. Il est également possible de le rendre plus complexe en utilisant des caractères spéciaux : @+$*%& plutôt que des lettres. Mais son point faible reste le même, chaque caractère renvoie toujours à la même lettre, il est donc assez simple de le déchiffrer en utilisant la fréquence des lettres dans la langue concernée. Par exemple, un texte écrit en français aura théoriquement 17% de 'e', 8,3% de 'a', 7,8% de 'n', etc... Il est ainsi aisé de voir que le caractère le plus utilisé est l'espace puis la lettre 'e', ensuite le 'a', puis on continue en essayant de trouver des mots. C'est dans ce cas que l'on peut voir l'avantage de l'espace, une personne qui ne pense pas que l'espace est en fait une lettre, et inversement, va se retrouver avec un message très bizarre... Un type de message par substitution difficilement déchiffrable est le code de Beale, il faut pour l'utiliser que le destinataire et l'expéditeur aient un texte relativement long et si possible de leur composition, ensuite il numérote chaque mot, et chacun de ces numéros codera la première lettre du mot. Le message crypté ressemble donc à une suite de chiffres, et plusieurs chiffres différents peuvent cryptés la même lettre. Ce mode de codage est très puissant car il est indéchiffrable si on ne possède pas le texte-clé. D'ailleurs, deux des trois messages de Beale n'ont jamais été déchiffré et les chasseurs de trésor cherchent depuis presque deux siècles.

Il existe beaucoup d'autres codes, un des plus célèbres est le morse, qui je vous le rappelle, remplace chaque lettre par une courte séquence, de un à trois points ou traits (la séquence la plus connue étant SOS qui se traduit en morse par ... --- ... ). Mais tous ces algorithmes de chiffrement ont la même faille, chaque caractère renvoie toujours à la même lettre ou aux mêmes signes de ponctuation et il est donc aisé de les casser.